Quel avenir pour le livre fantasy ?

La fantasy est un genre tendance qui a gagné en popularité en France ces dernières années. De nombreuses productions livresques et filmiques ont démocratisé le genre : ainsi vous avez du voir (ou entendre parler) du film et livre Eragon, du Seigneur des Anneaux, de Donjons et Dragons, du jeu World of War Craft… Si ce genre transmédiatique a trouvé sa place dans les livres, B.D, manges, jeux-vidéos, films, les jeux de rôle, les jeux de figurines… il reste encore très mal connu. Dans cet article, nous essaierons donc de revenir sur ce genre si particulier qui nourrit autant qu’il s’imprègne de la culture populaire.

Voir au loin : avenir de la fantasy

Qu’est-ce que la fantasy ?

La fantasy fait partie de la littérature de l’imaginaire à l’instar de la science fiction, le merveilleux ou le fantastique. Ce genre nous montre un univers où la magie, le merveilleux, font partie intégrante des lois de l’univers et ne provoquent pas la surprise des protagonistes : la fantasy postule la fiction comme norme du monde. Comme « moteur d’histoires » dit le chercheur Gérard Guéro. Si on veut partir sur une définition commune, on dira donc que la fantasy est un récit fictionnel qui a pour fonction de divertir en utilisant des éléments surnaturels qui constituent cet univers. Ainsi, la fantasy explore des mondes extrêmement diversifiés, bien au-delà du bestiaire fantastique ou de la mythologie scandinave de Tolkien  : on parle du barbarisme au Moyen Âge avec la figure de Conan, on se sert du Roi Arthur, on crée des romans de cape et d’épée, des westerns, on s’intéresse au monde animal…  Selon Marie-Hélène Routisseau, le genre est structuré autour de thèmes qui renvoient aux grands ressorts du romanesque  : la quête, le voyage intérieur, l’initiation, la lutte du bien contre le mal. La fantasy essaie de conquérir le réel en passant par l’imaginaire, ce qui laisse la place à une créativité totale…

magicien : quel avenir pour la fantasy

Quand un auteur parle de son genre

Lors d’une interview pour le site ActuSF, la célèbre écrivain de fantasy Robin Hobb disait :

“J’aime la fantasy car c’est un genre très libre. Tout peut arriver. C’est aussi un genre où l’on peut raconter de très grandes histoires. La fantasy n’a pas de limite de lieux ou même de temps. […] La Fantasy permet de considérer l’humanité en s’affranchissant de tous les préjugés liés aux nationalités, à la culture ou aux frontières. En lisant un bon roman de fantasy, nous ne sommes plus moi, une citoyenne américaine et vous un Français, et je ne suis plus une femme de 55 ans ou la mère ou la sœur de quelqu’un. Au lieu de ça, je deviens le personnage, et je vois le monde à travers ce prisme. Grâce à ça, je peux avoir différentes perspectives, et les évaluer indépendamment de ma propre vie.”

Robin Hobb, auteure de la saga L’assassin royal

l'auteure Robin Hobb parle de Fantasy
Robin Hobb

Le succès de la Fantasy

Alors qu’elle a souvent été considérée comme un sous-genre et boudée par les critiques littéraires (un académicien suédois a expliqué que si Tolkien n’avait pas remporté le Prix Nobel de Littérature en 1961, c’était parce que ce n’était pas de la littérature), la fantasy s’est désormais largement démocratisée. Elle a trouvé son public partout dans le monde : fan de mangas, jeux-vidéos, fans de bande-dessinées… Preuve de l’importance qu’occupe ce genre dans le visage culturel mondial : la série Game of Thrones (adapté du livre de George R.R. Martin) est “la série plus hackée de l’histoire” et bat chaque année des records d’audience.   Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi de Peter Jackson (qui est l’adaptation du troisième volume du roman éponyme de J.R.R. Tolkien) est le troisième et dernier film à avoir gagné 11 Oscars du Cinéma en 2004. Plus encore, l’adaptation en série télévisée de cette saga par Amazon sera la plus chère de l’histoire. La firme américaine a déjà dépensé pas moins de 250 millions de dollars afin d’acquérir les droits pour adapter et  s’apprête à investir un budget encore plus important pour le casting, la production et les effets spéciaux.  Amazon serait prêt à dépenser au total un milliard de dollars.

avenir de la fantasy, seigneur des anneaux

Le revers du succès

Le problème, c’est que les grosses productions ne laissent voir du genre que des histoires de magie, des aventures, des quêtes, des dragons et d’autres créatures étranges. Si ces oeuvres appartiennent à la fantasy, il ne faut pas réduire le genre à ces éléments.

Les enjeux de la démocratisation de la fantasy

La diffusion de ce genre par les industries culturelles et créatives (éditeurs et studios qui tentent de reproduire des succès qui ont fonctionné pour booster leurs ventes de films, livres, jeux de rôles, etc.) a permis de démocratiser le genre (le « geek est cool ).  Ce faisant,  les industries culturelles et créatives contribuent aussi à donner une vision faussée genre. En effet, quand on veut produire un block-buster ou un best-seller, on donne la primauté à l’action, à la romance et à l’aventure plutôt qu’à la complexité d’un univers et d’une atmosphère.  Ce phénomène établit progressivement un standard. Et, de plus en plus de produits fantasy proposés au public répondent à ces points. Or, la littérature fantasy est plus vaste que cela. Ce phénomène est susceptible d’appauvrir le genre. Ainsi Gérard Guéro regrette « en bandes dessinées notamment, la grande uniformité de cette culture commune, essentiellement issue du manga et du jeu vidéo ».

avenir de la fantasy : homme résigné

Passionnée par la Fantasy depuis mon plus jeune âge. J'ai passé mes premières années à me balader en forêt, persuadée qu'un jour je trouverai un oeuf de dragon (merci Eragon). Après cela, j'ai lu Ewilan et j'ai cru qu'en me concentrant assez j'arriverai à matérialiser mes pensées. Enfin, à 11 ans, je me suis dit que mes espoirs allait finalement payer et que j'allais recevoir une lettre qui m'enverrait à Beauxbatons... Comme rien de tout cela n'est arrivé, j'ai acquis deux convictions. 1- que la poste avait perdu ma lettre. 2- que la magie la plus simple à maîtriser resterait sans doute celle procurée par la découverte d'un bon livre fantasy. J'ai d'ailleurs fini par écrire mon propre livre, monter un site, mais ça, c'est une autre histoire...

7 Comments

  1. Super blog! est-ce que vous avez des conseils à donner aux aspirants écrivains et bloggers?
    J’ai envie de me lancer dans l’écriture (publication) et faire un site pour ma promo mais je suis un peu perdue. Vous avez des conseils particuliers à me donner ?

  2. hello @Caroline nous pensons à lancer toute une série d’articles sur l’auto-publication, (auto édition). C’est un sujet que Jordan a pas mal étudié. C’est super de savoir que ça t’intéresse, on va essayer de se dépêcher du coup 😀

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